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Auralisations

Guillaume Loizillon




Le terme auralisation est emprunté à une discipline, branche de l’acoustique architecturale, qui se consacre à la reconstitution de l’acoustique d’un édifice, d’un espace urbain ou d'un paysage sonore du passé.

En miroir de cette recherche, il ne s'agit pas ici de developper une démarche scientifique visant à l’authentique, mais d’installer un jeu de constructions fictionnelles libres, se nouant entre le regard et l’écoute.



Ce projet d'installation se propose de composer des événements sonores à partir de sons de synthèse pouvant laisser conjecturer une possible réalité. Ces créations audios sont ensuite intégrées dans des montages, souvent de petites dimensions, réalisés avec des objets recyclés, des cartes postales, des photographies ou des images numériques.
Il peut s’agir également de la seule insertion de la séquence sonore dans un aménagement déjà présent dans l'espace d’exposition. : arbre, massif végétal, dispositif électrique apparent, tuyauterie et compteurs, message écrit ou équipement de sécurité. Cette juxtaposition fait fonctionner un imaginaire reliant ces éléments. Chacune de ces scènes est autonome tout en étant en dialogue avec son voisinage. Elles n’imposent pas le silence à l’auditeur déambulant.

Ce travail toujours en évolution est pensé pour s'adapter aux différents espaces suscpetibles de l'accueillir. Les éléments présentés sur cette page, tant sonores que visuels, ne sont que des approches réalisées avec des composantes pouvant se combiner selon d'autres agencements. Les séquences sonores ne sont pas systématiquement à attribuer aux images montrées. Sur le plan des sons, l'absence cette dimension temporelle qu'est la boucle infinie (qui est souvent constitutive du dispositif) ne permet pas de rendre pleinement compte de l'aspect environnemental des auralisations.

On trouvera également des photos prises lors de différentes manifestations passées.






Si "l'auralisation" n'est pas directement in situ,
elle peut se développer à partir d’une photographie
et produire un "aural graffiti".





Bien qu’utilisant une panoplie variée de techniques de création  sonore, une quantité importante des auralisations, notamment celles des nouveaux développements, est fondée sur une palette réalisée avec l’outil de synthèse par modèle physique> Modalys (développé à l'IRCAM). Ce langage de programmation permet de créer des êtres sonores qui installent dans l’écoute une ambiguïté entre le réel et l’artificiel, le vrai et le faux.


Code source de ces 3 sons (langage lisp).
Une plaque rectangulaire est frappée en deux points de sa surface. Une corde dont la longueur varie est excitée par un électro-aimant de polarité aléatoire. La voix de Gaston Bachelard est injectée dans une barre de métal pour la faire résonner. Dans ModaLisp : "run script" (menu script).

Les sons résultants de cet outil engendrent une perception articulée sur la vraisemblance énergétique d’événements et sur la simulation de textures et de matières. Son usage peut être vu comme l’écriture d’une fiction dans un langage formel contraint. Les personnages en sont des objets définis selon des dimensions physiques strictement quantitatives. Des forces variables dans le temps s'appliquent à ces objets. Au final, c’est le résultat sonore de ces scénarios qui est pris en compte.






Les auralisations sont dans une continuité de travaux menés depuis plus d’une décennie, visitant des formes musicales et des organisations temporelles en lien avec l’environnement. Elles sont conçues pour s'exposer dans des espaces de circulation ouverts, un jardin, un parc public, une salle de conférences, un un café, ainsi que dans une grande variété de sites, à déterminer.
Ces différents événements ont pris place dans des lieux à priori non dédiés à l’expression artistique, selon plusieurs modes de présentation : concerts accompagnés d’images, performances, ballades, installations, etc. La démarche prône l’usage d’un équipement portable « lofi », économique, sobre en consommation énergétique et se place dans une certaine esthétique du "do it yourself"
extrait de "bush", séquence diffusée depuis un buisson du jardin de Bonlieu, à Annecy. La totalité des sons et d'origine électronique (La boucle originelle est de plus de 15 minutes afin d'éviter la sensation de répétition).






"Safe space" :
installation à "Main d'œuvre", Saint-Ouen 2024.


"Stairway to nothingness" :
installation au "Lavoir numérique", Gentilly 2023.


"Hasard subjectif" :
Université Paris 8 (journées Guattari), 2022.




Lien sur différentes vidéos : installations ou de performances réalisées ces dernières années.

Contact : message pour demander plus de précisions et/ou pour accueillir le projet